Élections Régionales 2021 Sud-Provence Alpes Côte d'Azur, notre analyse

Notre analyse de la situation dans la région Sud-Provence Alpes Côte d'Azur dans la perspective des élections régionales.
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Élections Régionales 2021
Laure Salvaing
Laure
Salvaing

Directrice Générale, Kantar Public France

Eddy Vautrin-Dumaine
Eddy
Vautrin-Dumaine

Directeur d'études, Kantar Public France

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Mise à jour : 11 mai 2021

Contexte et enjeux

Industrielle et touristique, montagneuse et balnéaire, riche mais inégalitaire, la région Sud Provence Alpes Côte d'Azur est aujourd'hui un territoire de contrastes marqué par un vote Front National et aujourd'hui Rassemblement National à la fois ancien et en expansion. Marine Le Pen y est d'ailleurs arrivée 1ère (et de loin) au 1er tour de l'élection présidentielle de 2017 (28,16%). 

En 2015, lors du dernier scrutin régional, Christian Estrosi, qui menait la liste LR, avait ravi les clés de l'Hôtel de région à la gauche à l'issue d'un second tour face à Marion Maréchal pour le Front National (en remplacement de Jean-Marie Le Pen). Un duel sans la liste socialiste conduite par le futur ministre d'Emmanuel Macron, Christophe Castaner, celui-ci ayant décidé de la retirer afin de faire barrage au Front National. Un Front National qui était en effet arrivé largement en tête au 1er tour avec 40,6% des voix devant la liste LR (26,5 %) et celle du PS 16,6 %. Au second tour, Marion Maréchal avait néanmoins obtenu 45,22 % des voix, soit le meilleur score jamais obtenu par une liste FN dans une région ! 

Tous les regards sont tournés vers le duel LR / RN 

Pour le prochain scrutin régional, c'est le marseillais et actuel Président de région Renaud Muselier qui mènera la tête de liste pour Les Républicains. Il aura face à lui Thierry Mariani, ancien député et ministre de Nicolas Sarkozy, fer de lance d'une « droite populaire », candidat de l'UMP pour les élections régionales de 2010 et aujourd'hui tête de liste pour le Rassemblement National. 

... avant la question électrique de l'alliance LR / LREM

L'offre électorale est encore loin d'être stabilisée : le 2mai Jean Castex a annoncé officiellement le retrait de la liste LREM au profit du président sortant Renaud Muselier afin de faire barrage au RN. Une annonce qui a crée une crise politique inédite au sein de LR et ce malgré le soutien à Renaud Muselier d'élus locaux LR de 1er rang comme le Maire de Nice, Christian Estrosi ou celui de Toulon Hubert Falco. Renaud Muselier a toutefois conservé l'investiture de LR quand ses soutiens de Nice et de Toulon ont pour leur part annoncé leur départ de LR. 

Le 7 mai, nouvelle surprise, la secrétaire d'Etat Sophie Cluzel annonce qu'il y aura finalement une liste LREM et qu'elle en prendra tête. Retour à la case départ !  

L'union comme seul moyen d'exister pour la gauche et les écologistes 

Du côté de la gauche et des écologistes, l'enjeu est triple : exister dans ce duel annoncé, peser dans le futur Conseil régional où les socialistes, communistes et écologistes sont absents depuis 2015 et réussir l'union de la gauche et des écologistes afin d'arriver le plus haut possible à l'issue du 1er tour et contourner ainsi l'hypothèse d'un retrait pour le second en cas de 3e position.

Mais cette union de la gauche et des écologistes, sur le modèle de ce qui a été fait dans les Hauts-de-France, peine à se concrétiser même si elle s'est accélérée ces derniers jours. Après de longues négociations, un accord a été trouvé autour d'un pôle écologiste mené par Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Cap Ecologie, le Parti socialiste (PS), le Parti communiste (PCF), Génération. s, le Parti radical de gauche (PRG) et Place publique. Une union qui sera finalement portée par le candidat EELV, Jean-Laurent Félizia. 

Avec la France insoumise, enfin, les choses semblent moins bien engagées, l'hypothèse d'une liste autonome restant toujours d'actualité.

Ce que disent les sondages

D'après un sondage de nos confrères de l'Ifop réalisé début avril, le Rassemblement National et la liste LR (sans candidature LAREM) seraient au coude à coude au soir du 1er tour.

  • La liste LR arriverait en tête (34%) mais serait suivie de très par celle du RN (31%). 
  • Sans retrait de la liste LAREM, la liste RN conduite par Thierry Mariani arriverait en tête, selon cette enquête, avec 31% des voix juste devant la liste LR (27%) et celle de la République en marche (13%) loin derrière. 
  • Une union LR / LAREM qui ne renverserait donc pas le rapport de force au 1er tour.
  • Notons également que pour le moment, que les intentions de vote pour le Rassemblement National restent largement en deçà des 40% obtenus en 2015 par Marion Maréchal. 

Désunie, il serait possible qu'aucune liste de la gauche ou des écologistes ne soit en mesure de se qualifier au 2nd tour. 

  • L'absence de liste LREM au 1er tour pourrait bénéficier à EELV qui atteindrait alors 10% sans que cela ne vienne pour autant bouleverser la donne pour le PS et la France insoumise qui récolteraient 8% des voix. En présence d'une liste LREM, les listes de la France insoumise et du Parti socialiste recueilleraient en effet chacune 7% des voix quand celle d'EELV arriverait à 8%. Reste à voir si l'union à gauche arrivera à créer un dynamique dès le 1er tour. 

S'agissant du 2nd tour et avec toutes les précautions à prendre tant les configurations politiques sont encore incertaines, l'issue du scrutin pourrait s'avérer serrée.

  • La liste LR arriverait en tête (mais de peu) avec 39% des voix devant le RN (37%) et une liste d'union de la gauche et des écologistes (24%).

Pourquoi la suivre 

Comme dans les Hauts-de-France, la gauche et les écologistes sont condamnés à l'union s'ils ne veulent pas rester spectateurs de cette élection. Ils devront montrer leur capacité d'union s'ils espèrent pouvoir l'emporter ou a minima compter dans la prochaine mandature comme force d'opposition. A voir si l'union d'une partie de la gauche et des écologistes réussira à créer une dynamique.

L'imbroglio autour d'une « union » LR / LREM montre la difficulté pour LR d'avoir une ligne claire face à la politique d'Emmanuel Macron. 

  • En cas d'union de dernière minute, il sera ainsi particulièrement intéressant de voir si le front républicain fonctionnera dès le 1er tour, autrement dit si Renaud Muselier fera le plein de voix et ce dès le 1er tour ;
  • mais aussi d'observer comment se comporteront une partie des électeurs LR. Déstabilisés par ces récentes polémiques ou par une hypothétique union de dernière minute, est-ce qu'un partie d'entre eux lui préfèrera un bulletin RN ? 
 

 

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