Élections Régionales 2021 Occitanie, notre analyse

Notre analyse de la situation dans la région Occitanie dans la perspective des élections régionales.
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Élections Régionales 2021
Laure Salvaing
Laure
Salvaing

Directrice Générale, Kantar Public France

Camille Morisson
Camille
Morisson

Chef de groupe, Kantar Public France

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Mise à jour : 4 juin 2021

Contexte et enjeux

Avant la fusion, les régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées ont toujours – à l'exception de 1986 à 2004 pour le Languedoc-Roussillon et de 1986 à 1998 pour le Midi-Pyrénées – été gouvernées par des majorités de gauche. 

Un ancrage politique qui s'est confirmé en 2015 dans cette nouvelle grande région. Ses habitants ont en effet élu Carole Delga, socialiste à la tête d'une liste d'union de la gauche avec 44,81% des voix au 2nd tour. Elle avait face à elle Louis Aliot pour le Front national (33,87%) et Dominique Reynié avec une liste d'union de la droite (21,32%). Une victoire face au Front national qui avait été rendue possible par l'union des listes de gauche au 2nd tour. 

Dans le même temps, le Rassemblement national poursuit son enracinement : au 1er tour de l'élection présidentielle de 2017 Marine Le Pen est arrivée en tête (22,98%) devant Emmanuel Macron (22,32%) et Jean-Luc Mélenchon (22,14%). Au 2nd tour, elle a obtenu un score supérieur de 3 points à la moyenne nationale (37,01% contre 33,9% au niveau national). Des scores qui se nourrissent d'une forte implantation locale sur le littoral (du Rhône jusqu'à la frontière espagnole), dans les zones péri-urbaines (autour de Nîmes, Montpellier, et Toulouse) mais aussi dans l'arrière-pays (particulièrement le Tarn et le Tarn-et-Garonne).

Malgré ce contexte, la gauche part à nouveau en ordre dispersé pour ce scrutin régional : la France Insoumise (avec Myriam Martin et Manuel Bompard) et Europe Ecologie Les Verts (avec Antoine Maurice) ont décidé de ne pas se rallier au Parti socialiste et à la Présidente sortante Carole Delga, et de présenter des listes distinctes. Chacun souhaite en effet incarner une alternative au Parti socialiste face à l'extrême droite et malgré l'appel de la France Insoumise à un rassemblement de la gauche (sans le Parti socialiste), les adhérents d'Europe Ecologie - Les Verts – forts de leur succès aux municipales – ont pour le moment fait le choix de présenter une liste autonome. Un choix qui a entrainé le départ de trois conseillères régionales EELV vers la liste de la socialiste Carole Delga, au nom de la nécessité de s'unir dès le 1er tour pour faire face au Rassemblement national. À noter également le ralliement derrière la présidente sortante de l'ancien eurodéputé écologiste José Bové et de la Vice-présidente en charge de l'écologie de la Région Agnès Langevine.

Ces candidats devront, à ce jour, affronter :

  • Vincent Terrail-Novès, maire de Balma, ex-Les Républicains (il a rendu sa carte en 2017), qui se présente sans étiquette, mais a reçu le 15 mars le soutien de La République En Marche et devrait fédérer les partis de la majorité présidentielle : le MoDem et Territoires de progrès. L'UDI et le Mouvement Radical devraient a priori également lui apporter leur soutien, mais cela reste à confirmer. 
  • Aurélien Pradié, jeune député du Lot et Secrétaire général des Républicains. Il sera le candidat du parti Les Républicains, et est soutenu par Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse.
  • Jean-Paul Garraud, ex-député UMP devenu eurodéputé RN, qui a été choisi par Marine Le Pen pour mener la liste Rassemblement national, et qui est soutenu par Louis Aliot, maire RN de Perpignan et ancien candidat du Rassemblement aux régionales de 2015.

Ce que disent les sondages

Carole Delga pourrait bien conserver la présidence de la Région 

Carole Delga serait à même de conserver la présidence de la Région, et ce peu importe les différentes alliances qui pourraient être conclues à l'issue du 1er tour. 

Dans une intention de vote publiée en mars par nos confrères de l'IFOP, elle arriverait en effet largement en tête du 1er tour avec, selon les configurations testées, entre 27% et 28% des suffrages, soit un score légèrement supérieur à celui de 2015 (24,41%). 

Pour le second tour, elle arriverait largement en tête et se retrouverait renforcée si elle était rejointe par EELV : selon le même sondage, elle atteindrait 33% dans le cas d'un maintien d'EELV au second tour et 43% si elle était soutenue par ces derniers. Pour rappel, en 2015, elle avait obtenu 44,81% des voix exprimées. 

Les écologistes et les autres listes de gauche pas certaines d'accéder au 2nd tour 

A gauche, aucune liste en dehors du Parti socialiste ne semblerait en mesure de se maintenir au 2nd tour : selon les hypothèses testées, la France insoumise obtiendrait 7% des voix, et EELV 9%, soit des scores ne leur permettant pas d'accéder au 2nd tour et surtout d'envoyer, de manière autonome, des conseillers régionaux. 

A droite, le RN fait la course en tête 

À droite, c'est le candidat du Rassemblement national, Jean-Paul Garraud, qui domine la course : au 1er tour, il suit de près Carole Delga avec des intentions de vote autour de 26% (dans l'hypothèse d'un soutien de Robert Ménard). Au 2nd tour il pourrait obtenir, selon les hypothèses testées, entre 26 et 29% des voix et se classer deuxième. C'est cependant moins que le score obtenu au 1er tour et au 2nd tour par Louis Aliot (31,83% des voix exprimées au premier tour et 33,87% au second tour). 

Selon les différentes hypothèses testées par nos confrères d'IFOP, le candidat soutenu par la République En Marche ne serait, lui non plus, pas certain de pouvoir se maintenir au 2nd tour car il est crédité de 9% et 10% des voix. S'il parvenait à se maintenir au 2nd  tour, il pourrait obtenir 11% des voix. 

Chez Les Républicains, Aurélien Pradié serait plus certainement en mesure de se qualifier, avec 12 à 13% des voix selon les hypothèses testées, mais ferait moins bien que son prédécesseur Dominique Reynié, qui avait obtenu 18,84% des voix au 1er tour en 2015. Au 2nd tour, il pourrait en revanche obtenir 17% des voix dans le cas d'un maintien de Vincent Terrail-Novès et 23%, dans le cas d'une triangulaire, soit mieux que Dominique Reynié en 2015 (21,32% des voix exprimées).

La dynamique du RN semble se confirmer dans le dernier sondage de nos confrères de l’IFOP, paru le 1er juin, qui crédite la liste RN de 30% des intentions de vote.

Pourquoi suivre cette élection

Parce que la gauche part divisée, et qu'il sera intéressant de voir quelles alliances aboutiront dès le 1er tour au nom d'un réflexe « Front républicain » face au Rassemblement national. 

Partis seuls pour le moment, les Verts prennent le risque d'être absents du 2nd tour et – s'ils ne rallient pas la liste PS au 2nd tour – de ne plus être présents au Conseil régional. Une stratégie visant à montrer son poids politique dans la région mais qui peut donc s'avérer risquée. 

Enfin, parce que la lutte pour capter les voix à droite s'annonce ardue malgré la nette avance de Jean-Paul Garraud : le candidat du Rassemblement national, magistrat, notable et anciennement Les Républicains, arrivera-t-il à attirer les électeurs LR et ainsi à gonfler son potentiel électoral ? Une tâche compliquée par la candidature côté LR d'un candidat jeune, ancré localement et connu nationalement, mais aussi par celle du candidat de la République En Marche qui lui aussi est issu des Républicains.

 


 

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