Élections Régionales 2021 Auvergne-Rhône-Alpes, notre analyse

Notre analyse de la situation dans la région Auvergne-Rhône-Alpes dans la perspective des élections régionales.
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Élections Régionales 2021
Laure Salvaing
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Directrice Générale, Kantar Public France

Alban Cordier
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Directeur d'études, Kantar Public France

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Contexte et enjeux

Deuxième région métropolitaine en termes démographique et économique derrière l'Ile-de-France, la région Auvergne Rhône Alpes est dirigée depuis 2015 par l'ancien ministre et Président du parti Les Républicains Laurent Wauquiez. Il avait été élu, cette année-là, au 2nd tour avec 40,62% des voix, face à la liste du rassemblement de la gauche menée par le Président sortant de la Région Rhône Alpes Jean-Jack Queyranne (36,84%) et la liste du Front national de Christophe Boudot (22,55%). 

Une victoire symbolique car les deux régions historiques (Auvergne et Rhône Alpes) étaient gérées par la gauche depuis 2004. 

Pour ses opposants, l'enjeu du prochain scrutin sera d'abord de s'affirmer comme la force politique capable d'incarner l'alternance et de détrôner son emblématique Président qui n'a, pour le moment, pas encore annoncé sa candidature. 

Une alternance envisageable qu'à travers une union de la gauche et des écologistes qui semble, pour le moment, mal engagée. Proposée par l'ancienne ministre et candidate du Parti socialiste Najat Vallaud-Belkacem, elle peine à se concrétiser. Tout en affirmant que « la porte est toujours ouverte » pour un rassemblement avant le premier tour, la tête de liste EELV a rappelé le 16 mars qu'elle ne comptait pas « laisser sa place ».

Ce que disent les sondages

Laurent Wauquiez largement favori

Un sondage d'intentions de vote réalisé fin mars par nos confrères d'Opinion Way place la liste LR-UDI conduite par le Président de région sortant en tête au 1er tour avec 29% des intentions de vote, soit un niveau légèrement inférieur à son score du 1er tour en 2015 (31,7%). 

Elle distance largement celle du Rassemblent national conduite par l'ancien membre de la France insoumise Andréa Kotarac (19% en baisse par rapport à son niveau de 2015 : 25,5%). 

Une précédente enquête, réalisée par Harris Interactive en février, indiquait toutefois un écart bien plus faible entre les deux lignes : 27% pour la liste LR-UDI et 24% pour celle du RN.

Quoi qu'il en soit, ces deux listes sont a priori certaines de se qualifier pour le 2nd tour du scrutin. 

La liste de la République en Marche conduite par Bruno Bonnell, le député LRM du Rhône qui est aussi un proche de Gérard Collomb arriverait, elle, en 3ème position : avec 13% d'intentions de vote au 1er tour selon l'enquête Opinion Way, et 16% pour celle de Harris Interactive.

A gauche, le spectre de la division

Malgré l'appel à l'union, plusieurs listes de gauche sont sur la ligne de départ. Une division aux conséquences non négligeables puisqu'elle leur rend incertain l'accès au 2nd tour du scrutin. 

La liste Europe Ecologie Les verts, Génération.s, Génération écologie, Mouvement des progressistes et divers écologistes conduite par Fabienne Grébert est créditée de 10% à 13% des voix au 1er tour selon les différnetes enquêtes, un score permettant tout juste de se qualifier au 2nd tour. Cette liste a notamment reçu le soutien de Delphine Batho, Présidente de Génération Ecologie et de l'ex-ministre Benoit Hamon (Génération.s.).

Une liste du Parti socialiste, du Parti radical de gauche, de la Gauche républicaine et sociale et de Cap écologie conduite par l'ancienne ministre Najat Vallaud-Belkacem récolterait également 10% à 12% des voix au premier tour, laissant là aussi planer l'incertitude sur sa capacité à se maintenir au 2nd tour. 

Enfin la liste soutenue par La France insoumise et le PCF, conduite par Cécile Cukierman obtiendrait selon les deux dernières enquêtes 7% des voix au premier tour.

Au second tour, dans l'hypothèse d'une quadrangulaire, la liste de la majorité régionale de Laurent Wauquiez arriverait en tête avec 35% des intentions de vote contre 27% pour une liste d'union de la gauche (PS, EELV, PC, LFI) conduite par Najat Vallaud Belkacem, devant les listes RN (22%) et LREM (16%).

Pourquoi suivre cette élection

Faute d'alliance à gauche, la victoire semble acquise au Président sortant, Laurent Wauquiez.

Pour la droite et Les Républicains, l'issue du scrutin devra conforter son ancrage territorial avant la présidentielle en 2022. Cela sera notamment le cas en Auvergne Rhône Alpes avec Laurent Wauquiez, en Ile-de-France avec Valérie Pécresse ou dans les Hauts-de-France avec Xavier Bertrand, régions qui pourraient servir de tremplins à leurs ambitions nationales. 

Après l'officialisation de la candidature de Najat Vallaud-Belkacem à la tête d'une liste intitulée « L'alternative », la question est de savoir si une liste d'union de la gauche et des écologistes est encore possible ou bien si cette annonce signe la fin des négociations à trois mois de l'élection. Avec l'ambition pour le PS d'apparaitre comme force de rassemblement des gauches, une place convoitée par les écologistes.

Les écologistes justement, conduits par Fabienne Grébert espèrent concrétiser la dynamique observée lors des dernières élections municipales où, à la faveur du schisme entre le Maire sortant, Gérard Collomb, et ses proches collaborateurs, les Verts avaient, seuls, ravi la ville de Lyon et sa Métropole.

Pour la République En Marche l'enjeu sera de celui de la cohérence, d'une part en rassemblant dans sa liste les groupes épars de sa majorité présidentielle (LRM, MoDem, Agir) et d'autre part, de se maintenir au second tour afin d'accroitre son ancrage territorial qui lui fait défaut, dans une région qui pourtant lui a toujours été favorable. 

Enfin, pour le Rassemblement national dont la liste est conduite par Andréa Kotarac, ancien conseiller régional LFI ayant rejoint le RN en 2019, l'enjeu sera de montrer qu'au-delà de la déception des municipales, la dynamique politique initiée lors des dernières européennes est toujours d'actualité.

 


 

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